article 148 : Le voyage au kenya

article 148 : Le voyage au kenya
 
Le Kenya
 
L'été 2006, d'un commun accord avec toute la tribu, nous avons décidé de partir au Kenya. Tous ceux qui connaissent ce pays en sont revenus emballés. Les catalogues de l'agence disaient que c'était un beau voyage et les enfants étaient ravis. Alors en route, ou plutôt en avion, pour la savane Africaine! et cette fois- si vous aurez le droit aux deux versions, celle de Mimie et celle de Benoist.
 
Version Mimie :
 
Quand on a réservé pour le safari, j'avais en tête les images de Mogambo, ce film dans lequel Ava Gardner et Grace Kelly se partagent les faveurs de Clark Gable je pensais également aux neiges du Kilimandjaro. par la bluette de Pascal Danel, mais le beau film tiré du livre d'Ernest Hemingway avec Gregory Peck et encore Eva Gagné. J'avais quand même, je dois l'avouer, très présente dans un coin de mon cerveau, mon angoisse de petites bêtes. Pourquoi partir le bas alors qu'on peut tomber sur une mygale ou un lion à chaque coin de lit et dans chaque chaussure? Mais ça faisait plaisir à tout le monde, alors je prendrais sur moi.

Notre voyage ne commençait pas par le safari mais par un séjour dans hôtel de luxe. Cinq étoiles sur le catalogue. Les enfants n'ont pas été dépaysés par la nourriture de ce palace: A part une soirée organisée et culinairement locale, on a mangé des pâtes, des pizzas, des steaks hachés et du riz pendant tout le séjour. La seule spécialité de coin à laquelle personne n'a échappé, c'est la tourista. Mais ça, on s'en serait bien passé!

Je pensais que dans l'hôtel je n'aurais rien à craindre au niveau des bébêtes hormis quelques singes qui rentraient dans les chambres, des mille-pattes gros comme des saucions de Lyon qu'on écrasait dans le noir, et les chauves-souris qui vous sautaient dans les cheveux à la tomber de la nuit, c'est vrai que c'était plutôt tranquille...

Au bout de cinq jours de pluie, mon optimisme avait déjà pris un grand coup dans le nez .La plage n'avait rien à voir avec celle des photos du catalogue. A marrée haute, impossible d'y accéder, car elle était complètement recouverte par les vagues. Et la marré basse, pas question de nager dans vingt centimètres d'eau, sur le fond jonché d'oursins prêts à planter leurs aiguilles juste dans votre pied. Restait la piscine. Très belle. Mais en ce qui me concerne, faire douze mille kilomètres et quatorze heures d'avion pour se baigner dans de l'eau pleine de clore, je trouve que son fait cher le voyage. Le bonheur total! J'essayais désespérément de relativiser, mais certaines fois, j'ai eu du mal, je dois l'avouer.

Vu qu'on ne pouvait pas bronzer qu'entre deux averses et se baigner qu'entre deux crustacés piquants, on décida d'avancer le safari.

Ce matin-là, lever à 5 heures et départ à 6 heures. Pas grave, à nous les lions, les girafes, les hippopotames et les éléphants. Ce qu'il est important de signaler à ce stade de notre épopée, c'est que les routes principales là-bas ne ressemble pas en rien à l'idée qu'on peut se faire d'une route chez nous. Des centaines de camions, et je n'exagère pas, se traînent entre deux ornières trois trous béants, des bosses et des flaques grandes comme le trou de la sécu. On traverse des villages fantômes de maison en terre et tissus troués ou tôles percées et cabossées servent de toit. des barrages de police, sortis tout droit de vieux films des années trente, fait de herses tordues, censées ralentir de minibus bondés avec des policiers endormis qui ne contrôlent rien. Et des enfants, partout. Car si l'école primaire est obligatoire depuis peu, à dix ans, une fois que le gamin sait lire et écrire, la suite des études devient payante. Quelle chance à celui qui naît dans une case en terre misérable, sans eau, sans électricité, de devenir quelqu'un, de s'en sortir et de voir autre chose que le bout de son pied nu?

Je voudrais être présidente du Kenya, ou reine de la savane ou Princesse de Mombasa, pour changer tout ça. Qu'est-ce qu'il fout le haut, mon copain qui m'énerve il ne pourrait pas de temps en temps jeter un oeil sur la détresse Africaine? parfois, quand j'en ai trop gros sur le c½ur, j'imagine qu'il y a un PDG du ciel qui a nommé des responsables pour chaque continent. Celui de l'Afrique se la coule douce et est injoignable depuis toujours. Sécheresse, famines, femme voilées, brimées et excisées. En traversant les villages et en discutant avec notre chauffeur, j'enrage. Je voudrais changer tout ça et je ne peux rien faire. Je ne vais pas passer ma vie à ronchonner dans des beaux hôtels parce que ma chambre a été mal faite, alors que ma femme de chambre dort avec ses six enfants dans une case pourrie et véstude à quatre kilomètres du choc du touriste riche et du local pauvre. C'est quoi la solution? aider provisoirement tous ceux qu'on rencontre et à qui ont parlé, c'est un début. Même en vidant le buffet du petit déjeuner pour le distribue au village d'à côté, il se passera quoi demain ? les enfants continueront à se baigner dans l'eau boueuse à coté de la route en construction. Ils promèneront leurs chèvres en portant sur le téter leur sac de charbon qui chauffe tout. Ils feront toujours de grands signes de la main aux pauvres cons de touriste que nous sommes, un grand sourire aux lèvres et les yeux rieurs. Ces gamins ne sont pas rancuniers de la vie, ils ne nous en veulent même pas. Hasard, destin, malchance. Il est ou leur ange? s'il vous plaît le haut, s'il y a quelqu'un, rebranchez votre sonotone et écouter ce qui se passe en bas. c'est grave.
On n'aura pas l'indécence de vous donner une recette locale. Je reprends l'avion avec toute ma tribu. Les enfants ont aimé, mais resteront sans doute marquées par ce qu'ils ont vu, conscient soudain de la chance qu'ils ont de vivre en France. J'espère qu'un jour, je reviendrai, mais pour faire bouger tout ça, et pour que la chance tourne un peu.
 
article 148 : Le voyage au kenya
 
Version Benoist :
 
Le catalogue envoyé par l'agence de voyages ne laissait aucun doute sur la réussite de nos prochaines vacances. Le Kenya ressemblait bien à la destination de rêve où chacun espéré allez au moins une fois dans sa vie. Bordé par l'océan Indien, aquarium grandeur nature, nous allions pouvoir vivre au rythme du commandant Cousteau et de son calypso, plongeant sur des récifs coralliens à la découverte d'une vie sous-marine riche. Enfant, je ne manquais sous aucun prétexte les documentaires de cet homme à la silhouette filiforme, son bonnet marin greffé sur le crâne et qui me transportaient dans des contrées inconnues avec des couleurs que seule nature peut m'offrir. Mais, pour moi, le Kenya c'était avant tout cette savane Africaine peuplée de guerriers dénudés aux lances acérées, ces safaris mythiques, ces animaux sauvages, ces pistes poussiéreuses ces plaines à perte de vue à traverser en 4x4.

Je me remémorais l'album de Tintin au Congo que j'avais lu cent mille fois et qui me laissait toujours ce sentiment savoureux d'avoir partagé une aventure merveilleuse avec mon héros préféré. Parce que contrairement à Mimie, j'adore Tintin, moi! je n'oubliais pas non plus Daktari, célèbre série américaine diffusée le jeudi après-midi, sur la première chaîne de l'ORTF. J'avais à cette époque huit ou dix ans et j'adorais partager la vie quotidienne de Marsh Tracy aux côtés de son impertinente guenon Judy, et de son lion Clarence au strabisme très prononcé. J'avais hâte de partir avec mes enfants et Mimie pour vivre des moments que j'espérais uniques. Nos quinze jours passés au Kenya ont été à la hauteur de ce que j'attendais.

Même si la réalité a souvent moins de piment que l'imagination, nous avons vécu de très beaux moments et chacun gardera précieusement, je l'espère ces instants magiques. Mais, au moment où j'écris je ne peux pas effacer de ma mémoire ces images chocs, comme celle de ce gamin à la joie de non dissimulée, se lavant dans une ornière de tracteur remplie d'eau grâce à une pluie tropicale soudaine. Ou celle de ces femmes dignes, marchant des heures sous une chaleur de plomb, pour aller puiser quelques litres d'eau au seul puits de la région. Je ne peux pas m'empêcher non plus d'évoquer la misère omniprésente autour des grosses agglomérations comme mou basa, ou de nombreux bidonvilles ceinturent la ville. Je ne peux pas garder pour moi cette insécurité grandissante, avec, entre autres exemples, ces herses rouillées barrant les routes et obligeant les conducteurs à un gymkhana improvisé pour permettre aux policiers des contrôles permanents certes, mon regard d'européen n'est pas suffisamment objectif pour donner une solution juste à tout ce qui me semble ne pas aller dans ce pays, mais lorsque j'entends de jeunes autochtones dire qu'ils donneraient tous leurs richesses pour venir vivre et travailler en Europe. Je prend ça comme un appel au secours. Alors, même si aujourd'hui je ne sais pas comment aider ces hommes, ces femmes, ces enfants, je sais qu'un jour, je trouverai le moyen de contribuer au bien-être de ces gens qui "ont énormément touché.

Je ne vous ai pas parlé de cuisine de là-bas encore. Elle est pauvre, composé principalement de mais et de poissons. Même si nous touriste nous avons eu la chance de partager un repas divin préparé par des locaux, il laisse un arrière-gout amer quand on connaît le niveau de la vie local. Cette soupe de poisson aux légumes du jardin était à tomber, ces crabes servis froids aux pattes immenses étaient d'une saveur à faire pâlir nos tourteaux. Ce ragoût de viande accompagnée de manioc fut aussi un grand moment. Une cuisine simple, généreuse, savoureuse, authentique comme je l'aime. Malheureusement elle n'est pas les quotidiens de tous ceux qui, là-bas, luttent pour survivre. Malgré le tourisme....
 
Extrait du livre "Aller simple pour le bonheur"
 
Blog sur Mimie Mathy
mimiemathylove270805
Publié par Sophie R.
 

Tags : la vie de mimie

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Comments :

  • amiemelissa

    21/04/2018

    Coucou
    ce matin le soleil est déjà présent
    on nous annonce une belle journée ensoleillée
    et un magnifique weekend
    Gros bisous de mélissa (l)

  • amiemelissa

    21/04/2018

    superbe article

  • christineditcricri62100

    02/04/2018

    bisous a demain

  • christineditcricri62100

    15/01/2018

    10 sur 10

  • christineditcricri62100

    14/01/2018

    a demain

  • christineditcricri62100

    09/01/2018

    dor bien bisous

  • Guynia

    05/01/2018

    c'est le gros problème de tous ces pays !

  • Guynia

    05/01/2018

    Bonsoir
    Je passe te souhaiter une agréable soirée,
    Une douce nuit, sans doute
    Bercée par le chant du vent et de la pluie
    Gros bisous de ton amie Nadine

  • Guynia

    24/12/2017

    Bonjour .
    Dimanche 24 décembre, enfin !
    Une petite touche aux préparatifs,
    Il faut que tout soit parfait
    Pour bien fêter cette fête de la Nativité !
    Passe une merveilleuse journée
    Dans la joie et le bonheur.
    Pas de stress, tu y arriveras !
    Je te souhaite un excellent réveillon,
    Beaucoup d'amour et de joie,
    Un mélange dosé de rires , de larmes,
    Le bonheur de faire la fête ,
    Entouté(e) de ceux qui t'aiment
    Et que tu aimes.
    Avec toute la tendresse , de grosss bisous
    De mon amitié. Ton amie Nadine

  • christineditcricri62100

    23/12/2017

    ......../(
    ......(,.,). Bonsoir
    ....._,||,_ Je t'apporte cette petit bougie
    ██☆█☆█ Pour te donné un peu de lumière
    █☆█☆██ Pour que ta soirée reste illuminé
    ██☆█☆█ Passe un bon noël pour demain
    █☆█☆██ Je te souhaite une bonne et douce nuit
    ██☆█☆█ Gros bisous de cricri

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